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Loi sur la mobilité



Cet article est extrait de la revue "UNSA Territoriaux Magazine" N°121 d'Octobre 2009. Il a été rédigé par Sylvie Weissler (SGA UNSA Territoriaux)


Agents non titulaires


Dans la fonction publique territoriale, l’article 20 étend la possibilité de recruter des agents non titulaires sur des emplois permanents pour remplacer momentanément des fonctionnaires aux cas d’indisponibilité suivants :
- congé de présence parentale.
- accomplissement du service civil,
- participation à des activités dans le cadre d’une réserve.



Recours à l'intérim


L'article 21 permet aux collectivités territoriales d’avoir recours aux services des entreprises de travail temporaire, dans les 4 cas suivants :
1. Remplacement momentané d’un agent dans les mêmes cas où les collectivités territoriales ont la possibilité de recruter des agents non titulaires sur des emplois permanents pour remplacer momentanément des fonctionnaires (congé de maladie, congé de maternité, congé parental ou congé de présence parentale, passage provisoire en temps partiel. etc....),
2. Vacance temporaire d’un emploi qui ne peut être immédiatement pourvu selon les régIes statutaires.
3. Accroissement temporaire d’activité ou saisonnier.

Lorsque le contrat est conclu au titre des 1., 3. et 4., la durée totale du contrat de mission est au maximum de 18 mois.

Elle est réduite à 9 mois lorsque l’objet du contrat consiste en la réalisation de travaux urgents nécessités par des mesures de sécurité.

Lorsque le contrat est conclu au titre du 2., la durée totale du contrat de mission est au maximum de 12 mois.
Elle est réduite à 9 mois si le contrat est conclu dans l’attente de la prise de fonction d’un agent.



Ouverture des concours internes


L'article 26 ouvre les concours internes de la fonction publique territoriale aux candidats qui justifient d’une durée de services accomplis dans une administration, un organisme ou un établissement d’un état membre de la Communauté européenne ou d'un Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen autre que la France dont les missions sont comparables à celles des administrations et des établissements publics français employant des fonctionnaires civils.



Dossier électronique


L'article 29 ouvre la possibilité de gérer le dossier du fonctionnaire sur support électronique.



Echelonnement indiciaire


Conformément à l’article 31, l’échelonnement indiciaire applicable aux cadres d’emplois et emplois de la fonction publique territoriale sera fixé par décret simple.
Jusqu’à présent, ce sont des décrets en Conseil d’Etat qui portaient échelonnement indiciaire (ces décrets en Conseil d'Etat pourront eux-mêmes être modifiés par décret).



Cumul d'emploi


L'article 33 prolonge à 2 ans la durée maximale pendant laquelle l’interdiction d’exercer à titre professionnel une activité privée lucrative ne s’applique pas à un fonctionnaire ou à un agent non titulaire de droit public qui crée ou reprend une entreprise.

Jusqu’à présent, cette durée maximale était de 1 an. Une prolongation pour une durée maximale de 1 an est toujours possible.

L’article 34 permet aux fonctionnaires et aux agents non titulaires de droit public occupant un emploi à temps non complet à 70 % ou moins d’exercer à titre professionnel une activité privée lucrative. Jusqu’à présent, cette possibilité
était réservée aux agents occupant un emploi à temps non complet à 50% ou moins.



Statuts d'emplois


L'article 36 ouvre la possibilité de créer des statuts d’emplois dans la fonction publique territoriale, à l’instar de ce qui existe déjà dans la fonction publique d’Etat.

Des décrets en Conseil d’Etat fixeront les conditions de nomination et d'avancement dans certains emplois comportant des responsabilités d’encadrement de directions de services, de conseil ou d’expertise, de conduites de projet. Ces emplois seront uniquement pourvus par la voie du détachement.



Monétisation du compte épargne temps


L’article 37 ouvre la possbilité dune «monétisation» du compte épargne-temps dans la fonction publique terntonale. Un décret en Conseil d'Etat fixera les conditions d’application. La compensation financiere proposée sera identique à celle dont peuvent bénéficier les agents de Etat, en contrepartie des jours inscrits a leur compte épargne-temps.



Protection sociale complémentaire


Larticle 38 stipule que sont éligibles à la participation des collectivités territoriales les contrats et règlements en matiere de santé ou de prevoyance garantissant la mise en oeuvre de dispostifs de solidarité entre les benéficiaires, actifs et retraités.

Cette condition de solidarité est soit attestée par la délivrance d’un label, soit vérifiée dans le cadre d'une procedure de mise en concurrence.

Les contrats et reglements sont proposés par des mutuelles, des institutions de prévoyance ou des entreprises d’assurance. Pour l’un ou pour l'autre ou pour l’ensemble des risques « santé » et « prévoyance » (maintien du traitement), les collectivités territoriales peuvent conclure avec l'un de ces organismes une convention de participation au titre d’un contrat ou règlement à adhésion individluelle et facultative reservée à leurs agents, à l'issue d’une procédure de mise en concurrence transparente et non
discriminatoire permettant de véfier que la condition de solidarité est
remplie.
Dans ce cas, les collectivités territoriales ne peuvent verser d'aide qu'au bénéfice des agents ayant adhéré à ce contrat ou règlement. Un décret en Conseil d'Etat fixera les conditions d'application de cet article. 



Loi sur la mobilité : les principaux dangers


La loi a été promulguée le 3 août 2009 et publiée au journal officiel le 6 aoûyt 2009. Même s'il y a des points intéressant, ce projet reste dans le droit fil des rapports d'orientations récents, dont le rapport Silicani, sur lequel l'UNSA émettait des réserves.

Une loi pour faciliter le transfert d'effectifs



Cette loi a pour buts de permettre et faciliter les transferts d'effectifs de l'Etat vers les collectivités territoriales qu'il y aura immenquablement. de plus l'article 44 précise de manière expresse, qu'en cas de restructuration d'une administration de l'Etat, le fonctionnaire peut être placé en situation de réorientation professionnelle, dès lors que son emploi est susceptible d'être supprimé. Ici, le terme susceptible laisse la porte ouverte à de nombreuses interprétations. Il eut été plus judicieux d'écrire dès lors que l'emploi "va être." L'employeur peut à tout moment prétendre qu'un emploi est susceptible d'être supprimé, il y a danger !!!

L'introduction du "licenciement économique"



Dans l'article 12,  alinéa 12, il est précisé :
L'agent qui est en réorientation professionnelle a l'obligation de faire état tout les 6 mois à l'autorité de gestion de sa recherche active d'emploi en communiquant en particulier les candidatures auxquelles il s'est présenté spontanément et les attestations d'entretien en vue d'un recrutement. Le texte est ici très précis sur les obligations de l'agent. S'il ne respecte pas ses obligations, il peut être mis en disponibilité d'office. Pour l'UNSA Territoriaux, ces dispositions introduisent ni plus ni moins, la possibilité de "licenciement économique" d'un fonctionnaire.

Le recours à l'interim



La loi introduit également la possibilité de recourir à l'intérim. A savoir qu'un intérimaire peut rester jusqu'à 18 mois dans la collectivité. Pour l'UNSA Teritoriaux, il y a là rupture avec les principes fondamentaux de la fonction publique, il y a volonté de calquer le fonctionnement des collectivités territoriales sur le fonctionnement d'une entreprise.



A savoir
 

Santé :
- 8 % d’absences pour raisons de santé chez les agents territoriaux en 2005. Ce chiffre était de 6 % en 1998 (Source : Dexia-SOFCAP).
- Les arrêts de plus de 3 mois touchent 4,5 % des agents (Source : base adhérents de la MNT).

Revenus :
1619 €, c’est le revenu net moyen des agents territoriaux (1413 € en catégorie C, qui regroupe 80 % des agents) pour un temps complet (Source INSEE). Or 25 % des agents sont en temps non complet ou partiel (Source DGCL). Notamment parmi les femmes qui représentent 60.3 % des effectifs et seulement 51.6 % des temps complets (Source DGCL).

Vieillissement : 30 % des agents ont plus de 50 ans et sont donc plus touchés par les arrêts. Pour prendre l’exemple du régime général, les plus de 55 ans représentent 10 % de la population des agents territoriaux mais 16 % de l’ensemble des arrêts courts et 21% des arrêts longs (Source CNAM).

 

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